Montréal, Canada - 20 Février 2005

Le RCPL demande au Premier ministre Martin de se rétracter.

« La Syrie est au Liban parce qu’il faut maintenir la paix ».
Cette réponse n’est pas seulement imprécise, mais aussise trouve à aller à l’encontre de la position des Nations Unies et de la communauté internationale sur la situation libanaise. En plus, elle fait outrage à l’opinion exprimée par des centaines de milliers de citoyen-es libanais-es qui sont récemment descendus dans les rues pour affirmer leur refus à l’occupation syrienne du Liban.

À ce propos, il est impératif de rappeler à l’opinion publique canadienne, ainsi qu’à notre Premier ministre, que la présence syrienne au Liban n’est supportée par aucun mandat officiel, ni par les Nations Unies, ni par le gouvernement libanais. La présence syrienne au Liban ne répond qu’à une logique d’ « occupation » d’un pays souverain.

À ce titre, soulignons qu’en septembre 2004, le Conseil de sécurité des Nations Unies votait la résolution 1559 qui réclame le retrait de toutes les forces étrangères du Liban le démantèlement et le désarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises. La résolution réclame également un processus électoral libre au Liban, élaborées en dehors de toute interférence ou influence étrangère.

À ce jour, le gouvernement canadien n’a pas démontré un soutien clair à cette résolution. Qui plus est, lors de son récent passage au Liban, le ministre des Affaires étrangères du Canada, M. Pierre Pettigrew, n’a pas cru bon de rencontrer les leaders de l’opposition libanaise. Pourtant M. Terje Roed-Larsen, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, venait tout juste, quant à lui, de consulter avec toutes les figures de proue de l’opposition. D’autant plus qu’il devrait savoir — le RCPL n’a eu cesse d’envoyer de l’information à ce sujet à son ministère — que de nombreux citoyens libanais croupissent toujours, de façon illégale et dans des conditions inhumaines, dans les prisons syriennes. À ce sujet, les lettres que le RCPL a adressé au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères sont demeurées sans réponses.

Le RCPL déplore la récente déclaration du Premier ministre Martin dans la mesure où celle-ci peut être interprétée comme un support à l’occupation syrienne du Liban — ce qui irait à l’encontre de tous les principes et valeurs si chers aux Canadien-es, notamment, le respect des droits de la personne et la promotion de la démocratie dans le monde.

Le RCPL demande au Premier ministre Paul Martin de :

1.

Rétracter formellement cette malheureuse déclaration qui a outré la communauté libanaise du Canada. Le retour à la violence au Liban ne devrait ni être toléré ni encouragé par notre gouvernement canadien.

2.

Publier un texte officiel soutenant les démarches du Conseil de sécurité de l’ONU mandatant le secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Anan, afin qu’il présente d’urgence au Conseil un rapport sur « les circonstances, les causes et les conséquences » de l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, Mr. Rafic Hariri.

3.

Publier une déclaration officielle définissant clairement la position canadienne concernant la résolution 1559 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

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